Allaitement

L'allaitement est l'action des femelles des mammifères nourrissant leur progéniture grâce au lait qu'elles produisent.


Catégories :

Allaitement - Lait

Définitions :

  • opération qui consiste à nourrir les jeunes animaux d'élevage soit avec le lait maternel, soit avec du lait de remplacement. (source : dictionnaire.sensagent)
  • Rien ne peut remplacer le lait maternel, c'est le meilleur. Cependant, il peut arriver que les chiots soit abandonnés ou que la mère ait un problème qui empêche l'allaitement. Dans ce cas, on se méfiera des composition personnelle à base lait de vache.... (source : cdlb)
  • allaiter - Nourrir son petit en le faisant téter du lait. (source : fermeduvinage)
Allaitement
Tous les jeunes mammifères, dès l'apparition cherchent instinctivement la mamelle et savent instinctivement téter.

L'allaitement est l'action des femelles des mammifères nourrissant leur progéniture grâce au lait qu'elles produisent.

Cet article est centré sur l'allaitement humain.

Vue d'ensemble

À l'apparition, la composition du lait maternel correspond en qualités aux obligations spécifiques du nourrisson. Développée en cours de gestation maternelle, la lactation des seins s'enclenche dès l'apparition du petit. Sous les tétées du sein ou l'extraction régulière du lait, la lactation se continue aussi longtemps que la stimulation des seins reste effective. Le lait maternel humain peut nourrir le petit jusqu'à deux ans et même davantage. Le recours passé à une autre nourrice que la mère, est tombé en désuétude.

Le colostrum des premiers jours, puis le lait à maturité répondent naturellement (digestion facile, apport d'énergie optimal) à l'alimentation exclusive des six premiers mois de vie du nouveau-né humain, à terme et en santé. La tétée et la combinaison du lait maternel comblent les besoins nutritifs, immunologiques et affectifs liés à la croissance optimale des mutations du nourrisson. L'allaitement au sein assiste le développement neurologique et les défenses immunitaires de l'enfant et confère une défense additionnelle contre les infections gastro-intestinales.

L'aliment maternel, peut être aussi extrait mécaniquement (extraction manuelle, tire-lait), transporté, stocké (à titre personnel ou par un lactarium) et administré au bébé par différents moyens (sonde, système d'aide à la lactation, cuillère, tasse, biberon... )

A défaut de l'aliment maternel, le lait naturel est remplacé par un substitut, une préparation lactée commerciale le plus souvent à base de lait de vache (de 0 à 6 mois : préparation pour nourrisson, de 6 mois à 1 an : lait de suite).

Selon l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), l'introduction d'aliments solides n'est conseillée qu'après l'âge de 6 mois.

Physiologie de la lactation

Le système de lactation

La structure interne de base du sein, constituée de 15 à 25 canaux galactophores (ou lactifères, du latin lactifer «qui transporte le lait») débouchant à la surface du mamelon par des pores indépendants, est présente à l'état rudimentaire dans les deux sexes, de l'âge embryonnaire à l'âge adulte.

Chez la femme pubère, la glande mammaire se développe sous l'influence hormonale : stéroïdes ovariens, prolactine, hormone de croissance, glyco-corticoïdes, etc. Les œstrogènes développent les canaux galactophores et la progestérone développe les bourgeons glandulaires, les futures cellules productrices, les acini.

Chez la femme enceinte, les œstrogènes induisent un allongement des canaux galactophores, la progestérone, la prolactine et l'hormone lactogène placentaire la multiplication et le développement des acini. La progestérone inhibe la prolactine, empêchant la sécrétion du lait. Mais les hormones produites au cours de la grossesse dépendent aussi du placenta.

En fin de grossesse, les rameaux galactophores sont beaucoup garnis d'acini (un acinus, des acini), au total entre 6 000 et 200 000 unités microscopiques, disposées par grappes de 10 à 100 et constituant ainsi des lobules ou unités ducto-lobulaires de 0, 1 à 1 mm de diamètre chacun. De 20 à 40 de ces lobules sont regroupés en rameaux autour d'un des canaux galactophores, formant ainsi un lobe. Il y a tout autant de lobes que de canaux galactophores (entre 15 et 25), chacun débouchant séparément dans le mamelon.

À l'accouchement, la chute du taux sanguin d'œstrogènes et de progestérones s'accompagne d'une libération massive de prolactine pour la fabrication de lait dans les acini. Aussi longtemps que la mère allaite, les acini continuent à se développer. Après le sevrage, les acini disparaissent et les canaux galactophores s'atrophient.

Les rameaux se regarnissent à nouveau d'acini au cours de la grossesse suivante.

Processus de lactation

L'acinus est l'unité de base de production du lait maternel. C'est une sphère creuse aux dimensions microscopiques connectée à un petit canal galactophore. Elle est tapissée d'une seule couche de cellules productrices. On nomme «lumière» de l'acinus la cavité dans laquelle est sécrété le lait.

La paroi extérieure des cellules de l'acinus est en contact avec de nombreux capillaires. Après l'apparition et avec les tétées du bébé, sous l'impulsion de l'hormone de la lactation, la prolactine, le débit sanguin est augmenté en priorité dans la zone du sein. L'augmentation de pression dans ces capillaires permet le passage, de la paroi des capillaires vers les cellules de l'acinus, de l'ensemble des éléments nécessaires à la fabrication du lait. Chaque cellule traite cette matière première. Une partie des composants du lait résulte directement de la filtration du sang, l'autre est synthétisée par les cellules de l'acinus. Le lait est ainsi sécrété goutte à goutte dans la lumière de l'acinus.

Toujours suite à l'apparition et sous l'effet de la succion du sein par le bébé, sous l'effet de l'ocytocine - la même hormone qui préside aux contractions pendant l'accouchement - les cellules myoépithéliales, qui sont des fibres musculaires microscopiques enveloppant l'acinus, sont mises en action et se contractent, pressant l'acinus pour le vider. Les gouttes de lait sécrétées sont désormais expulsées vers le canal galactophore. L'ocytocine provoque la contraction des fibres musculaires tout au long des canaux galactophores qui pulsent le lait vers la sortie par un mouvement péristaltique. C'est le réflexe d'éjection.

Chez la maman, il s'exprime sous la forme d'une tension dirigée de l'intérieur du sein vers la pointe. Quand le bébé débute une tétée, le réflexe d'éjection n'apparaît qu'au bout de quelques instants, le temps de la mise en route des contractions musculaires.

Avant la sortie dans le mamelon, les canaux galactophores présentent un évasement lors du réflexe d'éjection (qui se comporte alors comme un sinus, sans en être un/réf. Dr Peter Hartmann). Ces petits «réservoirs» ont une taille assez modeste chez l'humain et ne représentent qu'une amorce de lait dans la tétée dont la majeure partie est apporté en cours de succion par le réflexe d'éjection de la mère.

Le lait humain

Article détaillé : Lait maternel.

Du colostrum au lait à maturité

Le premier lait sécrété par la mère après l'accouchement se nomme le colostrum. C'est un lait épais, translucide ou coloré (quelquefois presque orangé). Le colostrum répond tout de suite aux besoins essentiels du bébé qui vient de naître. Il apporte sous un faible volume et dans les bonnes proportions l'ensemble des éléments complexes dont le nouveau-né a besoin.

Le colostrum est naturellement peu abondant, entre 20 à 50 ml par tétée au début, une quantité qui augmente rapidement. Il convient au particulièrement petit estomac du nouveau-né. Il est tout à fait assimilé, n'occasionne pas de surcharge rénale et produit peu de déchets non digérés.

Le colostrum est abondant en cellules vivantes et anticorps qui protègent le bébé contre les agressions microbiennes du milieu ambiant. Il contient énormément de protéines (23 g/l), des facteurs de croissance, des sucres directement assimilables (oligosaccharides), des vitamines, des sels minéraux et des acides aminés libres (20 %).

Après les premiers jours, la consistance se fluidifie, le volume augmente un peu, la proportion des composants se modifie. C'est le lait de transition (ou colostral), un mélange de colostrum et de lait à maturité. Au bout de 2 à 3 jours, au moment de ce qu'on nomme la «montée de lait», le volume de lait produit augmente brusquement. Le lait devient plus blanc. À peu près 14 jours après l'apparition, c'est le lait à maturité qui est produit (qui prend fréquemment un aspect bleuté, quelquefois translucide, ce qui ne veut pas dire une baisse des qualités nutritives). Avec l'âge du bébé, le lait continue à augmenter en volume (mais même plus grand, il ne boira guère plus de 180ml à chaque tétée, chaque femme produisant à peu près 750ml de lait/ 24h). La composition correspond à l'âge ainsi qu'aux besoins du bébé.

Composition du lait humain

Les composants majeurs du lait maternel sont : l'eau (87, 5 % env. ), les glucides (7% env. ), les lipides (4% env. ), les protides (1% env. ), les micronutriments (0, 5% env. ). Mais ces proportions et ces composants sont amenés à se modifier constamment suivant les besoins et de l'âge du bébé, de l'heure de tétée ou des débuts et fins de la tété. Le lait maternel subit une évolution importante entre le colostrum des premiers jours et le lait à maturité vers 3 semaines.

La teneur des différents composants du lait maternel est aussi propre à l'espèce et directement proportionnelle à la vitesse de croissance du nouveau-né et au poids du cerveau.

Chez l'humain qui a une croissance lente (140 jours pour doubler de poids) et un cerveau énorme (1 200 g), le profil du lait est faible en protides et lipides, mais présente un taux élevé de glucides nécessaires à la construction du cerveau.

Le profil de composition du lait maternel est assez stable de par le monde et ne fluctue que dans une faible proportion selon le mode de vie et de l'alimentation de la mère.

De par la spécificité de sa composition, et contrairement au lait de vache, le lait humain se conserve assez bien.

Pratique de l'allaitement

Préparation à l'allaitement

Une bonne information sur l'allaitement et le lait maternel ainsi qu'une bonne connaissance de son corps aident une future mère à bien guider son allaitement et le père du bébé à bien comprendre le processus de la lactation. Il existe aujourd'hui de nombreuses sources d'informations (internet, livres, brochures, réunions, conseils téléphoniques, etc. ) qui permettent aux futurs parents de se familiariser avec une pratique pour laquelle il leur faut un minimum de références.

Plusieurs mythes courent quant à la préparation concrète qu'une femme doit entreprendre avant de pouvoir allaiter correctement. En réalité, les seins n'ont besoin d'aucune préparation : ni crème, ni massage, ni changements dans le style de vie de la femme. Le processus de lactation débutera sans intervention extérieure et sans aucun problème. Le principal problème rencontré dans les débuts de l'allaitement provient de la mésinformation (mythes, croyances non fondées) courante dans les milieux où l'allaitement maternel a été délaissé au profit des préparations industrielles.

Position de la mère

Il n'y a pas de position parfaite unique pour allaiter. L'important est en premier lieu d'être confortablement installée et de se sentir à l'aise. La pratique et le temps permettront de trouver les positions qui conviennent le mieux. La mère ne doit pas sentir de tension. Un tabouret sous les pieds et des coussins derrière le dos peuvent aider à diminuer les tensions. Un coussin sur les genoux peut aussi aider à bien s'installer avec bébé et éviter que la mère n'ait à soutenir le poids de son enfant toute la durée de la tétée.

Position du bébé

Un bon positionnement du bébé qui tète est un facteur de réussite de l'allaitement car il permet une succion correcte indispensable à un nourrissage correct. De nombreuses difficultés de mise en route d'allaitement proviennent d'un mauvais positionnement du bébé provoquant une succion incorrecte.

Dans une position de sécurité, le dos du bébé repose contre l'avant-bras de la mère, sa tête est mobile dans le creux de son coude, son épaule est dans l'axe de l'oreille et de la hanche. Le bout du nez et la pointe du menton sont l'ensemble des deux en contact égal avec le sein. Quand le bébé tète, son menton doit être contre le sein et le bébé doit téter résolument la totalité de l'aréole et du mamelon. Si le nez du bébé est enfoncé dans le sein tandis que le menton est détaché, il faut rapprocher le corps du bébé vers soi. Si le menton du bébé ne touche pas le sein, il faut remonter le bébé légèrement plus haut. Sauf chez les prématurés dont la tête doit être soutenue, il faut éviter de tenir la tête du bébé avec la main ou de pousser sa tête pour l'aider à prendre le sein. Cela bloquerait sa nuque et provoquerait chez lui un réflexe de recul.

Aliments / plantes galactogènes

Les aliments galactogènes sont les aliments qui facilitent la lactation, en cas de baisse de lait due à la fatigue par exemple. Il est recommandé de manger varié et équilibré. Le fenouil peut aider aussi[réf.  nécessaire]. Des poussées de croissance du bébé (vers 3 semaines, 6 semaines... ) peuvent faire penser à une diminution de l'allaitement tandis qu'il suffit de mettre le bébé au sein plus fréquemment et de prendre du repos pour que l'allaitement continue normalement.

À l'inverse certains aliments diminuent la lactation. Éviter le persil, la menthe, et en particulier la sauge et le soja de par leur teneur en phyto-œstrogènes [réf.  nécessaire].

Chaque culture a ses aliments à consommer ainsi qu'à éviter pour avoir une bonne production de lait. Il faut se méfier des ouï-dire sur le sujet : il n'est pas rare de voir un aliment à éviter dans un pays être l'aliment que toute femme allaitante se doit de consommer dans un autre pays.

Le fenugrec et le chardon béni sont deux plantes souvent recommandées pour faire augmenter la production lactée. Plusieurs spécialistes de l'allaitement, dont le Dr Jack Newman, recommandent 3 gélules de chaque plante, 3 fois par jour aux mères qui doivent faire augmenter leur production lactée. Le fenugrec ne convient quelquefois pas aux personnes allergiques aux graminées (il a aussi la propriété de faire baisser la glycémie, avis aux diabétiques)

Mécanisme et vérification de la succion

La tétée ne consiste pas à «vider» le sein, mais à le stimuler. La succion du bébé crée chez la mère un réflexe de fabrication/éjection qui apporte à la demande le lait maternel au bébé. C'est le bébé qui, par son action de succion, crée le lait chez sa mère. C'est pourquoi il faut éviter l'ensemble des maladresses ou intrusions qui pourraient perturber le mécanisme de lactation suscité par les tétées répétées du bébé.

Le système de la bouche du bébé et celui du sein maternel sont complémentaires. L'aréole du sein est granuleuse et lubrifiée (tubercules de Montgomery). Les gencives supérieures du nouveau-né ont des vésicules qui accrochent l'arrière de l'aréole. Grâce au réflexe d'extrusion, l'aréole est plaquée contre le palais du bébé qui peut extraire le lait de toutes ses forces sans pour tout autant endommager les tissus du sein. La langue ondule de l'avant vers l'arrière pour masser le sein et amener le lait à gicler. Les muscles des joues des nouveau-nés sont renforcés par des bourrelets de succion, les boules de Bichat qui assurent la stabilité latérale du mamelon et perfectionnent l'efficacité de la succion.

Une succion efficace met en route et active puissamment la lactation de la mère sur la totalité de la tétée. C'est la garantie que le bébé sera bien nourri. Il faut laisser tranquillement le bébé prendre le sein bien en face, bouche grande ouverte, la langue bien tirée, happant le sein jusqu'à l'arrière de l'aréole. On voit plus d'aréole au-dessus de la bouche du bébé qu'en dessous. Quand le bébé avale du lait maternel, il effectue des mouvements de déglutition que la mère peut distinguer d'un simple suçotement. Le bébé doit pouvoir téter chaque sein entre 10 et 20 minutes pour aller jusqu'au bout du cycle de la lactation. Les tétées durent en moyenne de 5 à 45 minutes suivant l'âge et la faim du nourrisson. Le lait change de composition tout au long de la tétée et devient de plus en plus riche en lipides. On conseille de donner les deux seins au début pour stimuler la lactation mais il faut bien vider chaque sein pour que le bébé puisse profiter du lait gras de fin de tétée. Un bébé qui mouille 5-6 couches par jour est un bébé qui a une bonne succion. Les selles sont de couleur jaune doré et liquides. Si elles deviennent verdâtres, cela peut être le signe que l'enfant boit plus de lait riche en lactose (lait de début de tétée) et pas suffisamment de lait de fin de tétée (riche en lipides). Il faut alors donner le 1er sein à volonté avant de passer au 2e sein.

Rythme de l'allaitement

La lactation de la mère se met en place grâce à des tétées complètes, habituelles et exclusives. Ces tétées se déroulent, au moins dans les premières semaines, le long des vingt-quatre heures de la journée. Le nombre des tétées va de 8 à 12 tétées les premières semaines (voire plus). Ce rythme est indispensable à la mère pour stabiliser le taux de prolactine dans le sang et permettre un ajustement de la lactation rapide et efficace. Les tétées habituelles mettent en place une relation mère-enfant suivie et individuelle et permettent un contact corporel répété, bénéfique à la sécurité intérieure du bébé. Un allaitement exclusif au lait de mère sert à faire bénéficier l'enfant des qualités exceptionnelles du lait maternel. La succion de tétines (sucettes) ou l'adjonction de substituts du lait maternel (biberons de complément) perturbent la lactation de la mère et risquent de faire perdre au bébé sa capacité à stimuler le sein maternel et , a fortiori, celle d'être nourri correctement par les tétées de lait maternel. Elles peuvent induire un sevrage involontaire. En cas d'absence de la mère on préférera donner à boire à la tasse ou une cuillère pour éviter une confusion sein-tétine qui entraînerait une mauvaise succion du nourrisson.

Durée de l'allaitement

L'Organisation mondiale de la santé (OMS), mais aussi la Haute Autorité Santé -HAS- (ex-ANÆS), mais aussi l'Unicef[1], recommandent un allaitement exclusif jusqu'à l'âge de 6 mois, suivi d'une poursuite de ce dernier, parallèlement à une alimentation diversifiée, jusqu'à l'âge de 2 ans, ou alors au-delà, quoiqu'aucune étude n'ait validé les bénéfices d'un allaitement poursuivi au-delà de cet âge.

L'allaitement en public

Un facteur important auquel il faut tenir compte, est la gêne d'allaiter en public. Selon les études, une minorité de femmes se sentent à l'aise d'allaiter en public, la majorité éprouve l'obligation de se cacher ; certaines se réfugient aux toilettes ou évitent de sortir de chez elles, par crainte de devoir allaiter à l'extérieur. Au Canada, dans certains supermarchés, il existe des «salles d'allaitement» ; un sondage a été effectué dans ce pays, auprès de cent femmes pour connaître leurs habitudes et leurs prédilections : il en ressort que 99 % des femmes interrogées avaient déjà allaité dans un lieu public ; parmi elles, la moitié évoquaient un malaise et une gêne et 82% préféraient utiliser les salles d'allaitement lors de leurs achats. Les quatre principales raisons évoquées sont : le confort et l'équipement de la salle, le calme et l'intimité, l'inconfort face au regard des gens, la sécurité des enfants plus âgés. [1]. En Suisse, à Genève, il existe des espaces d'allaitement. Faciliter l'allaitement, c'est aussi donner tout le confort indispensable hors de chez soi, pour que cela se passe dans de bonnes conditions.

Cas spécifiques

De multiples cas spécifiques d'allaitement existent, on peut même dire que chaque allaitement est un cas spécifique. Le cursus de la nutrition infantile, allaitement-sevrage-diversification est propre à chaque individu et fait partie de son histoire. Dans la nutrition infantile, la possibilité de l'allaitement est une option ouverte, variable, et ce processus gagne à être guidé et maîtrisé grâce à une bonne information et un suivi attentif.

Une césarienne, des naissances multiples, un bébé prématuré, une affection plus ou moins grave chez la mère ou l'enfant, chaque cas possède des indications précises en matière d'allaitement.

Le développement de techniques servant à donner indirectement le lait maternel a élargi les possibilités pour la mère de faire bénéficier son enfant du lait maternel même dans des situations spécifiques. Les pratiques correctes d'extraction (manuelle ou avec tire-lait mécanique ou électrique), de transport, stockage et conservation du lait maternel mais aussi les méthodes d'administration indirectes du lait au bébé (nourrissage par sonde, système d'aide à l'allaitement, tasse, cuillère, biberon…) sont aujourd'hui idéalement décrites et transmissibles. La maîtrise de ces techniques est assez récente (fin du XXe siècle) et n'est pas encore bien connue du grand public.

Indications

L'allaitement est un prolongement de la grossesse. Ce dernier peut être interrompu volontairement, sur indication médicale occasionnellement spécifiques particulièrement rares (cancer, séropositivité, toxicomanie de la mère, galactosémie du nourrisson, prise indispensable de certains médicaments incompatibles avec la lactation) ou par choix personnel quand l'environnement s'y prête (eau potable et lait infantile disponibles à un coût abordable). Une indication de sevrage ne doit être donnée que si les avantages de l'allaitement ne représentent pas un gain supérieur à l'utilisation d'un substitut.

Le recours à des substituts rendant fréquemment complexe la possibilité de revenir à un allaitement maternel ensuite, la décision de sevrage doit être prise en toute connaissance de cause.

Pour les indications concernant (Médicaments et allaitement) la consommation de toxiques, les pathologies lourdes, les maladies rares, les cas complexes, il existe des bases de données médicales (LLL, par exemple) servant à donner des indications correctes pour la nutrition du bébé et les conditions de la poursuite, de l'arrêt temporaire ou définitif de l'allaitement maternel.

Dans un environnement peu favorable, en cas de problème environnemental majeur, de mauvaise santé de la mère, surtout le SIDA, les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé doivent être prises en compte, les qualités générales de protection de l'allaitement maternel restant le plus souvent effectives pour l'enfant, même dans des conditions limites, et contribuant de manière significative à faire baisser la mortalité et la morbidité infantiles.

L'arrêt de l'allaitement maternel avant la fin de la période de diversification, ou le fait d'y renoncer dès le début, exigent le recours à des substituts du lait maternel (lait infantile en poudre mélangé à de l'eau minérale, donné avec un biberon). De 0 à 6 mois, à des préparations pour nourrissons, de 6 à 12 mois, à des laits de suite.

Contre-indications

Certaines maladies contre-indiquent l'allaitement maternel. C'est le cas :

Historique

Déesse-Mère - Bordeaux, Gironde, France - II ou IIIe siècle ap. J. C. - Terre cuite env. 10 cm.

L'allaitement maternel, fait biologique et naturel, a connu au cours de l'histoire le recours aux nourrices dans les cas de décès postpartum de la mère, comme ce fut habituel durant des siècles, ou dans les cas où la mère n'avait pas suffisamment de lait pour nourrir l'enfant. Mais, à partir de la fin du XVIe siècle, la pratique de l'allaitement mercenaire s'est diffusée dans l'aristocratie en premier lieu, puis dans la bourgeoisie, pour s'affranchir de cette servitude. Jusqu'au XVIIIe siècle, cette pratique fut généralisée et les femmes d'artisans aisés pouvant se permettre de louer les services d'une nourrice y eurent recours. Les nourrices étaient généralement des femmes des classes populaires les moins aisées. Le retour à l'allaitement maternel n'eut lieu qu'au début du XIXe siècle ; lorsque Madame d'Épinay prétendit allaiter elle-même ses enfants, cette idée fut reconnue extravagante par les gens de son milieu.

L'utilisation de lait de vache plus ou moins modifié date de la fin du XIXe siècle, aboutissant à une baisse particulièrement sensible de l'allaitement maternel, le taux le plus bas étant vers les années 1960[2]. Depuis, ce taux semble à nouveau augmenter, mais reste particulièrement variable selon le pays (uniquement 7% en Grande-Bretagne contre 64% en Norvège[2].

C'est vers la fin du XXe siècle, dans les années 1980, qu'on voit naitre et se développer des associations d'aide aux mères et des mesures de protection de l'allaitement maternel. Ce moment marque un tournant pour la nutrition infantile. Depuis plusieurs décennies, l'accouchement généralisé en établissements de santé et le développement des aliments infantiles industriels portés par la publicité avaient mis à mal la pratique de l'allaitement maternel en premier lieu dans les pays industrialisés, puis dans les pays en voie de développement.

L'évolution des techniques d'aide à l'allaitement, généralement comme dans les cas spécifiques, l'accès du public à une information de qualité, la formation des professionnels de santé et le développement des réseaux d'information et d'entraide, les mesures de santé publique faisant la promotion et protégeant l'allaitement maternel n'ont pas uniquement entraîné une inversion de la tendance en faveur de l'allaitement maternel. Ces évolutions ont aussi perfectionné les conditions d'allaitement et rendu ainsi cette pratique plus confortable pour la mère, autant d'un point de vue social que corporel.

Dans certaines sociétés, la promotion de l'allaitement maternel, tandis que l'allaitement artificiel ne pose pas de problèmes graves (lait maternisé et eau minérale saine disponibles à coût raisonnable, services médicaux à proximité), est quelquefois perçu comme une pression sociale et non plus comme un choix [3]. Cependant ce phénomène n'est pas quantifié en France et semble minoritaire puisque 75% des femmes aimeraient allaiter pendant au moins quelques semaines[4].

Statistiques

Aux États-Unis, en 2005, les trois-quarts des mères allaitent leur enfant. La durée de l'allaitement dépasse 6 mois dans 40% des cas, mais il n'est exclusif à trois mois que dans moins d'un tiers des cas[5].

En France, en 1995, moins de 50 % des mères allaitent à leur sortie de la maternité[6]. En 2005, elles sont 60%, mais les 2/3 abandonnent au cours du premier mois[6]. Au quatrième mois de l'enfant, le taux d'allaitement n'est plus que de 5 %. L'objectif visé par le Programme national Nutrition-Santé pour 2010 est un taux de 70 % de Françaises allaitant au moins 4 mois[6].

Ces moyennes recouvrent de grandes disparités sociologiques et géographiques[6] : celles qui allaitent le plus sont les mères diplômées ; elles sont aussi plus nombreuses à Paris, dans l'est de la France et dans la région Rhône-Alpes.

En Europe, la proportion de femmes allaitant en 2005 est la plus élévée dans les pays scandinaves (Norvège : 99 % ; Finlande : 95 % ; Suède : 90 %), où les congés de maternité sont plus longs[6].

Protection de l'allaitement et mesures incitatives

L'allaitement maternel est protégé par des recommandations internationales de l'Unicef et de l'OMS (Organisation mondiale de la santé) dont certains éléments ont été transcrits dans des directives européennes [réf.  nécessaire].

Le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, énoncé en 1981 par l'OMS, réglemente la commercialisation des laits pour nourrissons, biberons, tétines et aliments pour nourrissons [7]. Il interdit surtout la publicité et promotion auprès du public, la promotion et distribution de cadeaux et d'échantillons dans les services de santé mais aussi la promotion de produits inadaptés.

L'application par des services de santé des «Dix recommandations pour le succès de l'allaitement maternel» énoncées en 1989 dans la Déclaration Conjointe OMS/UNICEF sur la Protection, l'encouragement et le soutien de l'allaitement maternel, permet d'obtenir le label «Hôpital Ami des Bébés».

L'allaitement est favorisé au Québec et en Belgique par la Sécurité sociale. Ainsi, au Québec, depuis 1994, les femmes en situation de pauvreté et de dénuement reçoivent une allocation supplémentaire de 55 dollars par mois si elles nourrissent au sein leurs bébés (ceci pour perfectionner leur santé) [8]. En Belgique, l'Institut national d'assurance maladie invalidité (INAMI) facilite depuis juin 2002 la poursuite de l'allaitement à la reprise du travail, par la convention collective relative à la protection de la maternité. Entre 2003 et 2006, le nombre de bénéficiaires est passé de 434 à 588, alors que le budget consacré à ces indemnités est monté de 13.317 à 16.476 euros [9].

Avantages de l'allaitement

Chez l'enfant

On peut constater une diminution de la gravité de la maladie allergique[réf.  nécessaire], même si cela reste controversé [10]; Le risque d'asthme, le nombre de petits enfants souffrant de dermatite atopique, la survenue d'une rhinite allergique, l'allergie aux protéines de lait de vache seraient plus importants en l'absence d'allaitement[11].

Dans les pays développés, l'allaitement, de plus de 4 mois, diminue le risque d'infections respiratoires sévères nécessitant une hospitalisation[12]; C'est en particulier dans les pays en voie de développement que l'allaitement maternel sert à diminuer la mortalité par pneumonie ou infection respiratoire basse. Les études réalisées dans différents pays de cette catégorie convergent et concluent à une baisse significative de la mortalité[11];

L'allaitement, d'une durée supérieure à 4 mois, diminue les risques de pathologie digestive. Les études réalisées dans les pays développés notent un moindre risque de diarrhée avec entre autres, une baisse des hospitalisations pour ce motif mais c'est dans les pays en voie de développement que les études démontrent une baisse importante de la mortalité du nourrisson de moins de six mois par cause de diarrhée[11].

On retrouve une diminution du risque d'infections des voies aériennes supérieures et des otites moyennes aiguës chez l'enfant allaité[13].

Des analyses retrouvent un lien entre mort subite du nourrisson et allaitement artificiel[14].

On retrouve une diminution du risque d'obésité (le taux d'obésité est de 3, 8 % chez les sujets allaités durant 2 mois, 2, 3 % pour un allaitement durant 3 à 5 mois, 1, 7 % pendant 6 à 12 mois et 0, 8 % durant un an ou plus[15]).

La fréquence des diabètes de type 1 et 2 semble moindre dans la population des enfants ayant eu un allaitement de plus de 4 mois. La réduction du risque pour le type 2 chez l'adulte serait de 39% et de 19 à 27 % pour celui de type 1 suivant les études[13].

On note aussi :

D'une façon générale, chez le nouveau-né de petite taille (moins de 2500 g), l'allaitement maternel diminue la mortalité et la morbidité, et perfectionne la croissance et le développement cérébral[18].

Dans les pays non industrialisés, l'accès à une source d'eau potable de bonne qualité, préalable indispensable à l'utilisation de substituts de lait humain, est fréquemment peu aisé, avec un risque de contamination infectieuse important. L'allaitement maternel est d'autant plus recommandé dans ce contexte, avec la possibilité de sauver près de 1, 3 millions d'enfants chaque année si l'allaitement était massivement utilisé[19].

Chez la mère

On peut constater[réf.  nécessaire] :

Pour la collectivité

Selon le pédiatre Bitoun, l'allaitement généralisé permettrait, en France, de diminuer de 1, 071 milliard de francs les frais de santé supportés par l'assurance maladie, par l'unique effet préventif de l'allaitement sur les otites, les diarrhées et les rhinopharyngites[21]. D'autres études n'ont pas confirmé ce chiffre.

De plus, l'allaitement naturel est économique et écologique. C'est une suite de solutions simples à la préservation de ressources planétaires, aux grands problèmes d'exploitations industrielles et de pollutions environnementales, via les cultures industrielles pour l'exploitation laitière, via la commercialisation des l'ensemble des produits des marchés de l'allaitement : plastique, verre, caoutchouc, silicone, métaux, pétrole pour transports de toutes sortes.

Avantages pratiques

Contraintes pratiques

Divers

Vierge à l'Enfant, Dürer Albrecht, (entre 1500-1503), 24 × 18 cm, Kunsthistorisches Museum, vienne.

Dans l'Égypte ancienne, la déesse Isis est représentée, tantôt en déesse-vache nourrissant le roi de son lait, tantôt en déesse-arbre tendant le sein de l'eau régénératrice au roi défunt, tantôt en déesse-mère allaitant le roi-enfant.

À Sumer, en Mésopotamie, le Code d'Hammurabi (-1850) réglementait déjà la pratique des nourrices à qui on coupait un sein si elles n'étaient pas obéissantes.

Dans la kabbale, l'allaitement est une métaphore utilisée pour désigner le mode de relation entre les émanations divines (sefirot) et l'humain, un contact intime qui ne peut pas être formulé en termes de connaissance.

Dans la religion musulmane, deux enfants nourris par la même nourrice deviennent automatiquement des «frères de lait» et ne peuvent se marier entre eux.

Depuis toujours, dans les forêts nordiques, les hommes utilisent la sève de bouleau pour suppléer l'allaitement maternel[23].

Notes et références

  1. Allaiter un bambin : quelle drôle d'idée!
  2. Hoddinott P, Tappin D, Wright C, Breast feeding, BMJ, 2008;336 :881-887
  3. Ce sacro-sein allaitement, Charlotte Rotman, Libération, 30 novembre 2006
  4. Allaitement maternel, les bénéfices pour la santé de l'enfant et sa mère, page 10, Ministère de la Santé et Société Française de Pédiatrie
  5. Breastfeeding Practices—Results from the National Immunization Survey, 2007. Atlanta : Centers for Disease Control and Prevention; 2007
  6. «Allaitez les bébés ? Les Françaises sont invitées à donner de plus en plus le sein», in Le Monde Magazine, no 40, 19 juin 2010
  7. [pdf] Code International de commercialisation des substituts du lait maternel
  8. Pierre Rosanvallon, La nouvelle question sociale. Repenser l'État-providence, Le Seuil, 1995, p. 213
  9. Site officiel de la Sécurité sociale en Belgique, septembre 2007
  10. Kramer MS, Matush L, Vanilovich I et Als. Effect of prolonged and exclusive breast feeding on risk of allergy and asthma : cluster randomised trial, BMJ, 2007;335 :815
  11. Rédaction Prescrire Moins d'infections avec le lait maternel qu'avec le lait artificiel Rev Prescrire 2008;28 (297)  :510-515.
  12. Bachrach VRG, Scharz E, Bachrach LR. / Breastfeeding and the risk of hospitalization for respiratory disease in infancy. A meta-analysis /Arch Pediatr Adolesc Med 2003; 157 : 237-243
  13. Stanley Ip Breastfeeding and Maternal and Infant Health Outcomes in Developed Countries Agency for Healthcare Research and Quality avril 2007 lire en ligne The results from our meta-analyses of cohort studies of good and moderate methodological quality showed that breastfeeding was associated with a significant reduction in the risk of AOM.
  14. Oddy WH, Sly PD, de Klerk NH, et al. / Breast feeding and respiratory morbidity in infancy : a birth cohort study. / Arch Dis Child 2003; 88 : 224-228.
  15. Étude Relation inverse entre la durée de l'allaitement et la prévalence de l'obésité, von Kries R, Koletzko B, Sauerwald T, von Mutius E, Barnert D, Grunert V, von Voss H Breast feeding and obesity : cross sectional study. BMJ. 1999 Jul 17;319 (7203)  :147-50)
  16. Effect of breast feeding on intelligence in children : prospective study, sibling pairs analysis, and meta-analysis, Geoff Der, G. David Batty, Ian J. Deary, BMJ, octobre 2006. DOI :10.1136/bmj. 38978.699583.55
  17. Raymond JL «Approche fonctionnelle de l'allaitement et malocclusions» Revue Orthopédie Dento faciale 2000 ; 34 :379-402 Thèse de S. Vautey "conséquence de l'évolution des comportements alimentaires sur les malocclusions chez les hominidés"
  18. Edmond K, Bahl R, Optimal feeding of low-birth-weight infants : technical review, Geneva : WHO, 2006
  19. Jones G, Steketee RW, Black RE, Bhutta ZA, Morris SS; Bellagio Child Survival Study Group. How many child deaths can we prevent this year?, Lancet, 2003;362 :65-71
  20. Lactation and incidence of premenopausal breast cancer, Arch Intern Med, 2009;169 (15)  :1364-1371
  21. valeur économique de l'allaitement maternel, docteur Bitoun - soucis de santé de bébé allaité au sein ou de maman qui allaite- allaitement des jumeaux et plus
  22. Revue prescrire, n°297, Juillet 2008
  23. Magazine Soleil Levant n°172 Mars 2010, p. 6

Voir aussi

Bibliographie

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